sábado, 19 de dezembro de 2015

L'œuvre de Copernic enfin rééditée

Par Azar Khalatbari


L’œuvre de Copernic, qui a révolutionné les esprits au 16e siècle en plaçant le Soleil au centre du monde, vient pour la première fois d’être entièrement traduite et commentée.

Le système solaire de Copernic (1473-1543) © DRLe système solaire de Copernic (1473-1543) © DR
RÉVOLUTION. C’est un travail de près de trente ans qui vient d’aboutir, rassemblant les efforts de sept spécialistes. Sous la direction de trois astronomes de l’Observatoire de Paris (Michel Lerner, Alain Segonds - aujourd’hui décédé - et Jean-Pierre Verdet), une équipe de spécialistes (1) s'est lancée dans la traduction intégrale en français de De revolutionibus Orbium coelestium(Des Révolutions des orbes célestes)ce monument de la pensée humaine publié pour la première fois en 1543 à Nuremberg (Allemagne). Avec le texte latin en regard. Il n’en existait jusqu'alors qu’une traduction partielle réalisée en 1934 par le philosophe et épistémologue Alexandre Koyré, décédé en 1964. La dernière édition remontant à 1998 est aujourd’hui épuisée.

La Terre n'est plus au centre du monde

Pour comprendre l'importance de cet ouvrage, il faut rappeler que, durant  14 siècles, notre vision du monde était celle du savant grec Claude Ptolémée, ayant vécu au IIe siècle à Alexandrie : s’appuyant sur la physique d’Aristote (4e siècle avant notre ère), celui-ci expliquait le monde sous forme de sphères concentriques autour de la Terre. C’est à partir de cette représentation « géocentrique » que les astrologues ont rendu compte de l’apparence du ciel, de la ronde des "astres errants" –  ainsi que les planètes étaient nommées - et de la position des étoiles.  Copernic a délogé la Terre de cette place centrale au profit du Soleil. L’"héliocentrisme" représente le Soleil au centre du monde et la Terre, comme les autres planètes, en orbite autour de lui. Il  a permis d’expliquer de nombreux phénomènes célestes et d'ouvrir la voie à Galilée, Kepler et Newton, qui ont jeté les bases de la science moderne. Mais cette vision ne s'est pas imposée sans drames ! Que la Terre ne soit plus au centre du monde a en effet déclenché les foudres de l’église, entraînant une mise à l’index du livre qui a été maintenue jusqu’à 1835, soit près de trois siècles après la mort de Copernic.
(1) Conchetta Luna, philologue à l’Ecole Normale Supérieure de Pise (Italie), Isabelle Pantin de l’ENS à Paris, Denis Savoie, historien de l’astronomie et Michel Toulemonde, physicien de l’Observatoire qui a refait l’ensemble des calculs entrepris au 16e siècle par Nicholas Copernic.
Matéria extraída do site: Sciences et Avenir